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Université Paris-Diderot : Un sujet de médecine humanitaire sur la situation de Gaza sème le trouble

Un sujet de médecine humanitaire portant sur une question à propos du conflit israélo-palestien sème le trouble à l’Université Paris-Diderot. Une enquête administrative est ouverte. Les étudiants devaient répondre à la question suivante: «comment qualifier au cours de la guerre entre Israël et Gaza la mort par bombardement classique de 22 membres d’une même famille ? S’agit-il d’un crime de guerre, d’un crime contre l’humanité, d’un génocide ?»

L’enseignant qui a rédigé la question est le docteur Christophe Oberlin. Ce chirurgien, qui ne conteste pas son engagement politique, a été, notamment, tête de liste aux élections européennes de 2004, sous la bannière d’EuroPalestine, en compagnie de l’humoriste Dieudonné.

«Chacun dit qu’il ne faut pas importer le conflit israélo-palestinien en France, a réagi Richard Prasquier, le président du Crif. On voit tous les jours les dramatiques conséquences de cette importation. Monsieur Oberlin y contribue de toutes ses forces. Il n’a pas le droit d’utiliser l’université pour déverser ses haines sélectives. Qu’il aille exercer ses talents en Syrie où l’on a vraiment besoin de ses compétences. Mais que voulez-vous, pour lui, comme pour d’autres, hors Gaza, il n’y a point d’indignation».

Dans un communiqué publié jeudi, Vincent Berger le président de l’université Paris Diderot, a fait part de sa consternation: «Cette question comporte un caractère polémique regrettable qui contrevient à l’esprit de neutralité et de laïcité de l’enseignement supérieur». Il rappelle que le principe d’indépendance des enseignants chercheurs, inscrit dans notre Constitution, n’autorise en rien le non respect des valeurs fondamentales du service public. Il considère d’autre part que la question dépasse le cadre pédagogique de la discipline concernée ne relevant ni de médecine, ni de médecine humanitaire.

Quand au doyen de la faculté de Médecine, Benoît Schelmmer, il partage, a-t-il expliqué aussi dans un communiqué, «l’émotion légitime – des étudiants et des enseignants – et regrette vivement que cet intitulé pour le moins inopportun sur un sujet aussi sensible ait pu blesser un certain nombre d’entre eux».

Le Figaro

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