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Élisabeth Pochon (PS) a consacré sa première intervention en commission des lois en interpellant Manuel Valls

La nouvelle députée de la Seine-Saint-Denis Mme Élisabeth Pochon (PS) a consacré sa première intervention en commission des lois à rappeler la situation critique de l’exercice du culte musulman et souhaiter qu’on mette un terme à la stigmatisation des musulmans de France. Mme Pochon a questionné le Ministre de l’intérieur en sa qualité de Ministre chargé des cultes.

Mme Élisabeth Pochon a été nouvellement élue députée de la 8e circonscription de la Seine-Saint-Denis (Villemomble, Rosny-Sous-Bois et Gagny) le mois de juin 2012 en battant Mr Patrice Calméjane (UMP).

L’ancien député de la circonscription s’étonne quant à lui, dans son blog, que la première préoccupation de Mme Pochon en tant que députée de la 8e circonscription soit la place de l’islam. Il est à rappeler que Mme Pochon s’était déjà engagée par écrit à oeuvrer pour un traitement équitable et fraternel de la communauté musulmane.

Par cet acte elle ne fait que démontrer qu’elle veut être une élue qui tient ses engagements.

 

Mme Élisabeth Pochon. Ma question concerne l’exercice des cultes en France. La garantie de leur égalité et de leur libre exercice relève, monsieur le ministre, de vos missions.

Nous héritons, après dix ans de gouvernements de droite, d’une situation dans laquelle nosconcitoyens musulmans ont été particulièrement stigmatisés, tant en cours de mandat qu’au long d’une campagne qui les a pris pour cibles. Par des dérives successives, l’ancienne majorité en est venue à envisager la religion d’un point de vue strictement idéologique, au risque d’une division de la communauté nationale.

Comment comptez-vous agir pour redonner à la religion sa place, celle d’une simple pratique spirituelle, et pour faire en sorte que chaque culte soit traité dans le respect des acquis et des exigences d’une laïcité fédératrice et fondatrice de la société française ?

M. le ministre : …/… Mme Pochon, le Président de la République rencontre actuellement les représentants des cultes. Nous devons poursuivre les améliorations enregistrées quant à la place de l’islam, deuxième religion de France, mais je souhaite régler avant tout les problèmes liés au culte lui-même, non des problèmes d’ordre politique ! Il faut là encore éviter toute instrumentalisation. Se posent les questions de la formation des imams, de la place des aumôniers ainsi que de la construction des lieux de culte – pour laquelle nous disposons déjà d’un cadre, comme j’ai eu l’occasion de le dire à Cergy. Cette ville présente d’ailleurs un exemple intéressant dans la mesure où sa mosquée a été construite en plein centre : le fait est au bénéfice du message porté par la France qui, pour moi, doit être universel.

Je reste cependant inquiet de l’intervention de pays étrangers dans la construction de l’islam, quels que soient les liens que nous ayons avec ces États : nous sommes encore très loin d’un islam de France ou d’un islam français, que nous devons pourtant favoriser.

Je suis également préoccupé par l’organisation du culte. Le seul moyen de lui redonner une légitimité est de veiller à ce qu’elle se cantonne à son objet : il n’appartient pas au culte musulman – il ne le demande d’ailleurs pas – de favoriser l’intégration des jeunes ou de représenter l’immigration dans notre pays. Il y a des millions de Français qui sont de culture ou de confession musulmane en plus de ceux qui sont étrangers et vivent régulièrement dans notre pays. Nous devons les respecter et les respecter, c’est quand on parle de culte de traiter uniquement du culte.

Enfin, la lutte contre toute forme de fondamentalisme doit, avec l’accord des représentants du culte, être combattue avec la plus grande détermination. Là aussi droit et devoir, respect et règles : c’est ma détermination.

 

UAM93 – Union des Associations Musulmanes de Seine-Saint-Denis 

 

 

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