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Vos journaux vous ont parlé du discours de François Hollande à l’ONU, devant une salle à moitié vide apparemment, et même de la logorrhée grotesque mais dangereuse de Benjamin Netanyahou, un des parrains de la pègre sioniste.
Vous avez compris, bande d’imbéciles?
Elle ne vous a cependant rien dit de l’intervention du premier ministre de la République Indienne.
Ben oui, pourquoi faire ? L’Inde n’est peuplée que d’un petit milliard et quelques d’habitants et n’a même pas le bon goût de pouvoir être qualifiée de dictature.
Alors ils peuvent causer les Indiens.
Ce qu’a dit le chef de la diplomatie indienne à l’ONU est cependant d’une grande importance. C’est tout d’abord lui qui a tenu à évoquer l’urgence d’une solution de la question palestinienne que d’aucuns voudraient mettre au énième plan au prétexte d’urgences plus récentes et plus importantes comme… la situation en Syrie, qui est précisément le dada enfourché par François Hollande.
Ce ministre a ensuite rappelé l’opposition de son pays à toute intervention militaire étrangère en Syrie.
Et s’il a salué les efforts de la Ligue Arabe pour une issue politique à la crise syrienne, il a aussi stigmatisé la sélectivité des puissances occidentales dans leur coopération avec la Ligue Arabe, allusion transparente encore à la mauvaise foi de l’Occident dans le traitement de la question de Palestine.
Son propos qui reflète les thèses défendues par le Mouvement des Non Alignés dont le dernier sommet s’est tenu en Iran (aucun pays membre des Non Alignés n’appartient à la fameuse communauté internationale, ça va de soi)est un signe de plus que les choses bougent sur la scène internationale.
Lentement certes, mais sûrement.
Correspondance particulière, The Hindu (Inde) 27 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
L’inde a mis en garde contre une mise à l’écart de la question palestinienne alors que la communauté mondiale se concentre sur d’autres points chauds dans la région. S’exprimant pendant la réunion du Conseil de Sécurité sur la situation en Asie Occidentale [appelée ici Moyen Orient, NdT], le ministre des affaires étrangères Ranjan Mathai a choisi de présenter le problème israélo-palestinien comme étant celui qui nécessitait une attention immédiate de la part aussi bien de la Ligue Arabe que de l’ONU.
«Cette question ne peut pas être ignorée alors que nous nous concentrons sur les développements récents dans la région. Il ne peut pas y avoir de paix durable en Asie occidentale sans un règlement juste et global sur la base de la réalisation du droit inaliénable du peuple palestinien à son propre Etat avec des frontières internationalement reconnues, vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité avec Israël,» a-t-il dit lors de la réunion à New York.
«Nous exhortons donc le Conseil de Sécurité aussi bien que la Ligue Arabe à faciliter la reprise d’urgence du processus de paix au Moyen Orient [Asie occidentale],» a ajouté M. Mathai. Il a aussi salué le rôle de la Ligue Arabe pour résoudre la crise syrienne.
Mais l’Inde, a-t-il dit, rejette fermement toute intervention militaire.
Les organisations régionales
Parlant des organisations régionales, il a déclaré que la coopération avec elles, en particulier avec la Ligue Arabe, devait éviter d’être sélective.
Il a ajouté que la coopération avec une organisation régionale ne devait pas se faire au détriment d’une autre.
«L’objectif d’une résolution pacifique des conflits devrait déterminer les actions du Conseil de Sécurité. Toutes les activités de l’ONU, y compris sa coopération avec des organisations régionales, devraient être ne cohérence avec les dispositions de la Charte de l’ONU. Les deux types d’organisations [l’ONU et les organisations régionales] devraient se servir de tous les outils de la diplomatie pour aider les pays concernés à faire leur transition vers un système politique inclusif et participatif tout en maintenant la stabilité et la cohésion sociales,» a déclaré M. Mathai tout en soulignant que la particularité de chaque situation devait être gardée à l’esprit.
La France, inaudible au Conseil de Sécurité, pouvait-elle devenir une vedette à l’Assemblée Générale de l’ONU ? Il n’y avait que la presse française pour l’imaginer, prête à nous refaire le coup de la grande illusion…
Pourquoi cette indifférence ? Parce que la France, membre permanent du Conseil de Sécurité n’a rien à dire. Hollande a chanté le refrain de l’OTAN sur les dossiers d’actualité – Syrie, Iran, Mali – mais il est muet sur la question principale, celle de la Palestine. Or, rien ne peut se faire au Moyen-Orient sans rétablir les droits des Palestiniens.

Voici l’extrait de son discours.
«Dans cette région du Moyen-Orient, l’urgence c’est de trouver enfin une issue au conflit israélo-palestinien. Le statu quo n’est pas une réponse. C’est une impasse. La France contribuera de toutes ses forces à restaurer les bases d’une négociation confiante débouchant sur la coexistence des deux Etats dont chacun sait qu’elle est la seule solution qui soit juste et durable.»
Et c’est tout.
C’est « urgent » : oui, merci, depuis soixante-dix ans ! Le « statu quo n’est pas une réponse »… Quelle puissante analyse !
Dans son 59° engagement de campagne, Hollande assurait « soutenir la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien ». C’était une proposition très floue, car tout dépend des frontières de cet Etat, mais il y avait une amorce de choix politique. Hier, on en était loin. Hollande en reste à « restaurer les bases d’une négociation confiante » dans la perspective de la « coexistence des deux Etats ».
La Gauche française est malade de sa vision « socialiste » de la politique israélienne, et c’est une vieille histoire. Ce n’est pas pour rien que Jospin avait quitté l’Université de Bir Zeit sous protection policière, alors que Chirac reste une référence de libre arbitre en Palestine.

Avant d’arriver aux choix politiques, il y a quelques questions de droit, simples, à poser à Hollande.
1/ La souveraineté
En 1920, à la fin de l’Empire Ottoman, la Société Des Nations (SDN) a reconnu la souveraineté de la Palestine, et en 1947, l’ONU, qui soutenait le projet sioniste, n’a rien pu imposer aux Palestiniens, seuls maîtres de leur souveraineté sur l’ensemble du territoire. L’Assemblée Générale a adopté le plus faible des textes, une simple recommandation assortie d’un plan de partage, dénuée de toute force juridique. La suite, ça été la Nakba et la feu des armes. Hollande peut-il expliquer pourquoi et comment, en droit, le peuple palestinien doit renoncer à sa souveraineté, qui est inaliénable ?
2/ Les réfugiés
En 1948, lorsque les Palestiniens ont dû, en masse, fuir la puissance des armes israéliennes, l’ONU leur a créé un statut de réfugiés, unique au monde. Le peuple palestinien était en effet parfaitement identifié, et il n’y avait aucune raison d’accorder aux Palestiniens le statut de droit commun, par lequel une personne, persécutée pour des motifs politiques, cherche à se faire admettre comme citoyen d’un autre Etat. Pour l’ONU, le retour des Palestiniens sur leurs terres et dans leurs maisons n’était qu’une question de temps, et il fallait préserver cette unité du peuple palestinien. Le droit était indiscutable. D’où ce statut propre de réfugiés, placé sous le contrôle de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Ce statut est resté intact, et on compte à ce jour 4,5 millions de réfugiés. Une « négociation confiante » ne peut se comprendre qu’en incluant le sort des réfugiés. Alors, quelle est la proposition d’Hollande sur le droit au retour des réfugiés palestiniens ?
3/ Les colonies
A la suite de nombreuses guerres, une ligne d’armistice a été arrêtée, celle dite de la Ligne Verte, encore appelée la frontière de 1967. Cette frontière ne pourrait en être une que si le peuple palestinien l’acceptait, par un acte souverain et libre. C’était le processus amorcé par les accords d’Oslo, et on voit ce qu’il en est advenu. Mais de plus, Israël a pris le contrôle militaire de l’ensemble des territoires palestiniens, qui sont tous classés comme « territoires occupés » au sens de la IV° Convention de Genève. Et comme si cela ne suffisait pas, Israël profite de cette occupation militaire insensée – depuis bientôt 50 ans ! – pour s’approprier des territoires et les développer,… les fameuses colonies. Ces colonies sont illégales de A à Z, et elles n’ont aucune validité en droit international. Question : comment Hollande pense-t-il instaurer une « négociation confiante » sans poser pour principe de démantèlement des colonies et la restitution aux Palestiniens ?
4/ Jérusalem
Le plan de partage de l’ONU préservait Jérusalem sous un statut international, et l’ONU – Conseil de sécurité et Assemblée générale – ont dénié toute valeur aux décisions des dirigeants d’Israël de faire de Jérusalem sa capitale. Quelle est la position politique de la France quant à l’annexion illégale de Jérusalem par Israël ?
A ces quatre questions, fondamentales, Hollande n’a pas de réponse. Il n’a rien à dire aux Palestiniens. C’est son choix,… mais alors, qu’il ne s’étonne pas si à l’ONU personne ne s’intéresse à lui.

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