Socialize

Arnaud-Bernard : Un policier s’est approché de la mosquée par provocation

La situation était très tendue, mercredi soir, dans le quartier Arnaud-Bernard à Toulouse. Des échauffourées ont opposé, à partir de 20 h 30, pendant une grosse demi-heure, les policiers à un groupe de personnes hostiles.

Selon des voisins, la présence de policiers à proximité de la «mosquée clandestine», 5 rue de l’Hirondelle, a mis le feu aux poudres.

«Un policier s’est approché de la mosquée et quelqu’un, au bout de la rue s’est écrié «Tu touches pas à la mosquée».

Là, c’est parti en live, témoigne un riverain. Des gens sont arrivés de partout. Le premier a ramassé une grosse pierre. Une autre a dit au policier «Vas-y, tabasse-moi.» Les insultes ont fusé.» […]

La Dépêche

 

Après les échauffourées de mercredi soir dans le quartier Arnaud-Bernard, les riverains dénoncent des nuisances récurrentes. La «mosquée» dite «clandestine» se défend.

La situation était très tendue, mercredi soir, dans le quartier Arnaud-Bernard à Toulouse. Des échauffourées ont opposé, à partir de 20 h 30, pendant une grosse demi-heure, les policiers à un groupe de personnes hostiles.

Selon des voisins, la présence de policiers à proximité de la «mosquée clandestine», 5 rue de l’Hirondelle, a mis le feu aux poudres. «Un policier s’est approché de la mosquée et quelqu’un, au bout de la rue s’est écrié «Tu touches pas à la mosquée». Là, c’est parti en live, témoigne un riverain. Des gens sont arrivés de partout. Le premier a ramassé une grosse pierre. Une autre a dit au policier «Vas-y, tabasse-moi.»Les insultes ont fusé.»

Des heurts ont opposé des habitants du quartier populaire d’Arnaud Bernard, à Toulouse, et la police, mercredi 18 juillet 2013, après qu’un homme ait été violenté par la police devant la mosquée d’Arnaud Bernard.

La mosquée dirigée par Monsieur Bepari, est un lieu de solidarité et de prière. Elle est tellement discrète que certains ignoraient son existence jusqu’à aujourd’hui. Depuis 6 mois qu’elle est installée dans cette rue calme du quartier, elle offre aux fidèles du quartier un espace de prière et de rassemblement, et ce n’est pas rien. On sait à quelles difficultés font face les musulmans de France pour simplement vivre leur foi.

Certains voisins voient l’ouverture de cette mosquée, en janvier dernier, d’un mauvais œil. Ils sont prêts à inventer des motifs pour faire venir la police : l’activité serait bruyante, les fidèles occuperaient le trottoir. C’est faux, mais ça marche : la police descend régulièrement. Le racisme de ces voisins trouve l’appui de l’islamophobie d’Etat. Mardi soir, les policiers sont passés avec des chiens. Puis mercredi soir. Sauf que, quand les policiers sont passés mercredi soir, à nouveau à la demande de ces voisins, un passant est intervenu, pacifiquement, pour demander « Pourquoi vous voulez entrer dans la mosquée ? ».

Immédiatement, ce fut un déferlement de violence. Témoins, plusieurs fidèles ont compris instantanément avec quelles intentions étaient venus les policiers. Il s’agissait de ne pas répondre aux provocations. Un autre habitant a réagi en parlant aux policiers : il a reçu un tir de flashball dans la jambe et sur le flanc et s’est fait embarquer. La foule s’est alors manifestée : les policiers ont sorti grenades et lacrymos.

Jeudi matin, plusieurs fidèles sont allés témoigner en faveur des deux personnes interpellées et afin de tenter d’obtenir des informations, pour savoir s’ils étaient en garde à vue ou hospitalisés. Ils n’ont pas eu d’informations. Et pour leur témoignage, les policiers présents leur ont dit « pourquoi dire ça ? C’est un faux témoignage. » Jeudi en fin d’après-midi ils étaient encore sans nouvelles de ces deux hommes. Tous deux risquent des sanctions : pour le premier, Amrane M., la police a dressé un P.V. pour « outrage, rébellion et violences ».

Le quartier Arnaud Bernard a une identité forte et une vie collective qu’on ne retrouve dans aucun autre quartier de la ville. C’est cela qui le fait résister à la gentrification, aux attaques successives de l’extrême-droite, aux descentes de police. Il y a bien la Dépêche du Midi pour entretenir le fantasme d’un quartier dangereux et hostile. Mais la réalité est vivante et populaire. Les bruits d’Arnaud Bernard, ce sont ceux des étudiants qui viennent boire des coups pas cher, des matchs de foot, les bruits des marchés, des sorties de discothèque, des marchés et des brocantes. Mais la mosquée, c’est tout sauf un lieu bruyant. Pourtant, le président de l’association a déjà été convoqué par la police, par rapport au bruit. L’eau du local a été coupée, sur des prétextes tellement invraisemblables que le propriétaire du local a porté plainte contre le syndic. Alors ce qui s’est passé mercredi sonne comme un nouveau coup de pression, pour que la Mosquée ferme, ce que les fidèles n’acceptent pas. Mercredi soir, plusieurs personnes présentes en ce lieu ont vu deux hommes se faire violenter par la police de manière illégitime. Pire, des témoignages susceptibles de légitimer l’action de la police auraient été récoltés auprès de voisins prêts à tout pour se débarrasser de cette mosquée. Ces violences policières sont d’autant plus injustifiées qu’elles se déroulent pendant le mois de Ramadan, qui est un mois sacré pour les musulmans. Cela rend ces attaques islamophobes et racistes encore plus insupportables.

Nous manifestons notre soutien aux fidèles de la mosquée d’Arnaud Bernard ainsi qu’aux personnes touchées par les violences de mercredi et nous dénonçons :

-  L’omniprésence policière injustifiée dans le quartier Arnaud Bernard, et son renforcement depuis le début du mois de ramadan

-  Le harcèlement dont fait l’objet la mosquée d’Arnaud Bernard, avec la complicité des forces de police

-  L’intervention policière de mercredi soir, rue de l’Hirondelle et en particulier les violences policières dont ont été victimes A. M. et B.

  • Le PIR Toulouse
  • lepir31@gmail.com

 

WFP_ramadan_bannerbank250x2
Share Button

Vous devez être connecté pour poster un commentaire Connexion