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« C’est toute l’atmosphère de Trappes qui nous donne des envies de révolution »

Au marché de Trappes, à quelques mètre du commissariat, personne ou presque n’évoque les événements de la veille. Pourtant, beaucoup redoutent la reprise des violences samedi soir, après la rupture du jeûne, vers 21 h 30. Comme une dizaine d’autres voitures dans sa rue, la Mégane de Fatiha Bouarahouane, 32 ans, a été endommagée cette nuit. « C’est sûr que ça va reprendre. Mais c’est cinquante-cinquante, la police cherche aussi. Quand on est contrôlé cent fois, la 101e fois, ça pète ! « , se désole la jeune femme. Et si le procureur de la République se réjouit du « calme revenu », elle affirme que le calme « durera tant que le jeûne durera ».

Tous les Trappistes interrogés évoquent des contrôles d’identité qui ne visent « que les musulmans », une atmosphère islamophobe propre à Trappes, selon eux. « Toute la ville est énervée ! Vous pensez qu’on se révolte juste pour un contrôle qui tourne mal ? C’est toute l’atmosphère de Trappes qui nous donne des envies de révolution », s’emporte un homme d’une trentaine d’années devant un centre commercial de la ville.

 

Pour celui qui se présente comme un « penseur de Trappes », « ça peut recommencer. Ça va recommencer. Mais pas qu’ici : dans n’importe quelle banlieue. On en a marre que les politiques ici veuillent ‘blanchiser’ la ville ». La veille, « c’est allé crescendo, dit-il. C’est quand ils ont tiré sur le petit que c’est parti en vrille ! Nous, on en a marre des policiers bandits qui jouent à ‘qui interpellera le mieux une femme voilée’. » C’est alors qu’un de ses amis croit voir passer un policier en civil. Il crie : « Ça va être chaud pour vous ce soir ! Préparez-vous, nous on est prêts ! »

Kamel Laouadi, 32 ans et père de famille, exhibe fièrement ses deux imposants fusils… à eau. « Ça, c’est du gros calibre ! », plaisante-t-il, avant de reprendre l’air grave. « On n’a pas la haine par hasard. On se battrait pour la France, mais il faut arrêter de venir toucher à la religion tout le temps. » Pour lui, « ce qui va se passer ce soir » n’est qu’un début. « Dans vingt ans, Trappes, c’est la Tchétchénie ! »

 

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