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Rien ne va plus entre Alger et Paris, surtout depuis l¨élection de Nicolas Sarkozy L’inscription de l’Algérie dans
la liste noire des pays à risque, l’affaire Mohamed Ziane
Hasseni, le dossier des moines de Tibhirine, les essais
nucléaires français en Algérie et la repentance,
sont autant de sujets de friction entre Alger et Paris
Rien ne va plus entre Alger et Paris. Encore moins
depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la
présidence. Paris souhaite même modifier les accords
migratoires entre les deux pays signés en décembre 1968. En effet, selon un document mis en ligne par le site «toutsurlalgerie»,
la France vient de transmettre aux pouvoirs publics algériens
des propositions dans le but de modifier les accords de 1968. Ces
derniers offrent aux Algériens vivant en France un statut
particulier, avec de nombreux privilèges par rapport aux autres
ressortissants étrangers non issus de la communauté
européenne. Ce sont ces privilèges accordés aux
Algériens, que la France veut annuler, par leur mise au
même niveau que les autres immigrés. Selon le document,
qui ne fait d’ailleurs aucune référence aux accords
d’Evian, excluant de fait le passé historique entre les
deux pays, les changements ont trait à tous les aspects. Ainsi,
si ces propositions sont acceptées par les autorités
algériennes, aucun Algérien ne pourra obtenir sa carte de
résidence d’un an renouvelable même s’il
justifie sa présence sur le sol français depuis plus de
10 ans, y compris en situation irrégulière, comme convenu
dans l’ancien article des accords. Une convention
qualifiée de spécificité algérienne du fait
que l’Algérie, contrairement à la Tunisie et au
Maroc, considérés comme protectorats, était un
«département» français. En effet, l’article 7 bis des accords ratifiés le 27 décembre 1968 stipule: «Les
ressortissants algériens visés à l’article 7
peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans
s’ils justifient d’une résidence ininterrompue en
France de trois années».
En outre, Paris ne veut
pas accorder cette carte de résidence aux enfants
algériens sauf s’ils justifient avoir résidé
sur le sol français, avec au moins l’un de ses parents,
depuis 13 ans au lieu de 10 ans, comme c’est le cas actuellement.
Par ailleurs, l’article 4 des accords de 1968 souligne que les
membres de la famille qui s’établissent en France sont mis
en possession d’un certificat de résidence de même
durée de validité que celui de la personne qu’ils
rejoignent. Cet article ne semble pas plaire à Paris qui fait le
pressing pour l’annuler. En effet, fini les mariages avec un
simple visa. Selon la proposition faite par Paris, pour se marier en
France et épouser une Française, il faudra à tout
ressortissant Algérien avoir un visa long séjour.
C’est pas tout. Une fois marié, l’heureux élu
devra justifier d’une «vie commune effective»
avec son conjoint français à chaque demande de
renouvellement de son titre de séjour. Présentement,
cette requête n’est exigée que lors du premier
renouvellement. Une telle disposition interdirait à tout
Algérien le divorce, même si son conjoint est
accusé d’«adultère», condamné par l’Islam. «Il ne pourra demander le divorce que si son conjoint meurt ou s’il subit des violences conjugales.»
Quel est l’Algérien qui va admettre que sa femme le batte?
Pour le meilleur et pour le pire. Quant au regroupement familial, la
France le conditionne à des «ressources stables et suffisantes».
Par cette disposition, un préfet peut s’y opposer sans
qu’on crie à la discrimination ou à la
xénophobie. Presque dans le même registre, il est dit,
ajoute le document, que «tout ressortissant algérien
établi en France et désireux d’exercer une
activité commerciale doit justifier de la viabilité de
son projet». Cependant, le projet français souligne
qu’il sera réservé un bon accueil pour les
compétences algériennes, qui bénéficieront
de la carte «compétences et talents» valable trois ans. «Les
ressortissants algériens porteurs d’un projet susceptible
de participer, de façon significative et durable, au
développement économique, au développement de
l’aménagement du territoire ou au rayonnement, notamment
intellectuel, scientifique, culturel, humanitaire ou sportif, de la
France et directement ou indirectement de l’Algérie, et
qui justifient de leur aptitude à le réaliser,
reçoivent un certificat de résidence portant la mention
"compétences et talents", valable trois ans, renouvelable une
fois», précise le document. Ainsi n’est
considérée comme bon Algérien que
l’élite.
D’ailleurs, des facilitations seront
octroyées aux étudiants algériens ayant
achevé leur cursus universitaire avec succès
désirant s’établir en France. Ces derniers
pourraient même, selon le même document, travailler durant
leur scolarité. Si de telles dispositions sont acceptées,
la sortie du tunnel des relations algéro-françaises
risque de se faire attendre longtemps.
Smail ROUHA Article du 09/03/2010 / 11:17:03
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