« On diabolise l'islam alors qu'on n'y connaît rien. » De ce constat, l'ancienne députée européenne (Verts) et sociologue Françoise Duthu a fait un livre, Le maire et la mosquée, islam et laïcité en Ile-de-France. Samedi, salle Vrillon, une dizaine de personnes étaient venues écouter ses conclusions, à l'invitation de l'association maubeugeoise Place publique.
« L'islam est un sujet porteur médiatiquement. Un sujet compliqué au niveau national. Je suis partie naïvement avec l'idée que le maire pouvait améliorer la situation au niveau local. » Françoise Duthu a donc rencontré cinq édiles d'Ile-de-France pour comprendre la dynamique qui existait entre politiques et partenaires musulmans. Bilan : l'islam est un dossier sensible, parfois tabou même. « C'est comme si certains maires n'assumaient pas vis-à-vis de leur électorat. » De fait, la religion musulmane n'est pas traitée à égalité avec les autres religions.
Point d'orgue des tensions entre élus et population : la construction d'une mosquée. Dans le public, un homme, son petit garçon sur les genoux, intervient : « Aujourd'hui, on est même gêné de demander un endroit pour exercer notre religion. » D'autres acquiescent. Quelques minutes s'écoulent, le même homme ajoute : « S'il n'y a pas d'a priori négatif vis-à-vis de la religion musulmane, tout se passe bien. Regardez le carré musulman de Jeumont, ça s'est fait naturellement, ça n'a posé aucun problème. » Pourtant, les tensions existent, régulièrement relatées dans les colonnes des journaux. L'ancienne députée met en avant ces maires qui ont perdu leur place pour une mosquée. Pression de la population. Ou ceux-là qui « font du clientélisme », ceux qui pour « être tranquille » donnent leur accord pour la construction d'un lieu de culte à qui le demande. « On rentre dans un jeu malsain entre maire et associations"
Françoise Duthu ne juge pas mais s'interroge : « On m'a dit qu'on était en train de construire une mosquée de 9 000 m² sur Maubeuge. Je ne connais pas la densité de population musulmane de la ville, mais cela me semble démesuré."
Trois heures de débat plus tard, Françoise Duthu et les participants dressent le bilan : « Rien n'est simple. En fonction du lieu où l'on habite, on a accès aux lieux de culte ou pas... Cela n'a finalement rien à voir avec le clivage gauche-droite, mais bien à la personnalité du politique.
> 1.- Deux mosquées sont actuellement en construction dans la Sambre : l'une, financée par l'Union des musulmans algériens de l'Avesnois, à Louvroil, sur un terrain vendu par la mairie de Maubeuge, devrait à terme remplacer la mosquée El-Feth ; l'autre, située quelques centaines de mètres plus loin, rue d'Hautmont, financée par l'Association des travailleurs marocains.








