Elle a Defraye la chronique durant tout l’été 2005. La maison Margotin, du nom de ce couple de retraités alors propriétaires des lieux, avait d’abord été vendue à l’Association cultuelle et culturelle des musulmans de Crépy-en-Valois (ACCMC). Celle-ci voulait transformer cette maison en un lieu de culte pour les membres de cette association.
Mais devant les protestations parfois virulentes des riverains du secteur, la municipalité de l’époque avait sorti de son sac à malice un projet de relais pour assistantes maternelles (RAM). Située tout en haut du chemin du Bois-des-Brayes dans le sud de la ville, la maison Margotin ne se prêtait sans doute pas à l’aménagement d’une mosquée.
Le permis de construire déposé par les musulmans a été rejeté
Mais construire un RAM a cet endroit était-il plus judicieux ? La mairie avait néanmoins choisi de faire jouer son droit de préemption et d’acquérir cette maison pour 211 800 €.
Quelques mois plus tard, l’ACCMC achetait l’ancien Brico 60, avenue Levallois-Perret. Cette fois, la ville ne fit pas jouer son droit de préemption. Au grand dam des riverains, furieux que la mairie laisse se réaliser un projet dont ils ne voulaient pas. Certes, le premier permis de construire déposé par les musulmans a été rejeté par Pierre Praddaude, le maire d’alors. Mais, revu et corrigé, le second a été accepté. La transformation de l’ancien magasin en un lieu de culte a de fait déjà commencé malgré un recours devant le tribunal administratif déposé par une association de riverains. Reste qu’aujourd’hui, le RAM n’a toujours pas vu le jour et la maison Margotin tombe en ruine. « Il s’agissait d’un vrai projet, assure Arnaud Foubert, le maire. Mais la crise a changé la donne et nous n’avons pas les moyens actuellement de réaliser les travaux. Nous avons cependant agrandi et rénové la maison dédiée à la petite enfance, près de la mairie, où les assistantes maternelles peuvent se réunir. »
De fait, la maison Margotin pourrait prochainement être mise en vente par la mairie. « Cette histoire est consternante, conclut Gilles Masure, le conseiller général du canton qui, à l’époque, s’était élevé contre la décision de la majorité municipale d’acquérir cette maison. Tout était cousu de fil blanc… La municipalité s’est servie de son droit de préemption pour empêcher l’association des musulmans de réaliser son projet. Mais elle n’a jamais eu l’intention de réaliser ce relais pour assistantes maternelles. »
Frédéric Normand / LeParisien