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Tareq Oubrou présente ses excuses pour la mauvaise interprétation de l'article du journal LeMonde "Je
passerai demain mardi à la radio RMC à 10h45 à l'
émission de Jean Jaque Bourdain sur l'article du Monde
concernant le foulard. Faites
circuler l'information pour rétablir utilement le malentendu
auprès de ceux qui étaient inutilement choqués par
l'article, lequel n'a pas exprimé mes pensées totalement
et exactement, comme je l'aurait souhaité..." Tareq Oubrou
Un article du Monde intitulé : Tareq Oubrou : « Les
musulmans doivent adapter leurs pratiques à la
société française » avait provoqué de
nombreuses réactions négatives auprès des
internautes de la Communauté Musulmane au point oû, nous
même L'Islam (vu) de France, avions refusé de commenter ce
dérapage de Tareq Oubrou ( ou cette manoeuvre de tromperie du
journaliste du Monde ).Voici l'article en question :
" Imam de Bordeaux, Tareq Oubrou
est théologien et homme de terrain : une position qui lui permet
une prise de distance par rapport aux institutions musulmanes et,
notamment, à l'égard de l'Union des organisations
islamiques de France (UOIF), dont il est issu. Il vient de publier Profession imâm (Albin Michel, 248 pages, 16 euros), un livre d'entretiens avec deux chercheurs. Alors que le débat sur le voile
intégral pose à nouveau la question de la place de
l'islam en France, quel est l'état de la communauté
musulmane ? L'islam en France repose la question de la laïcité. Il a
introduit dans la société un sang neuf religieux qui tend
à "banaliser" la religion dans l'espace public, même si
cela ne veut pas dire qu'elle est acceptée. Il nourrit
même un certain retour au christianisme. On peut donc dire que
l'islam favorise une forme de désécularisation de la
société, tout en attisant l'intégrisme laïc
et catholique. Sur le plan individuel, la religiosité se fait désormais
par une approche individuelle ; la sécularisation et la
modernité ont plongé les musulmans de France, comme les
autres croyants, dans une autonomie, qui les amène à
chercher des pratiques religieuses dans un tâtonnement total sans
médiation des institutions classiques. Dans ce contexte, on constate une tentation de crispation et de repli
identitaire, qui s'explique aussi par des raisons sociales : plus on
est dans la marge, plus on est tenté de construire une religion
bouclier contre la société et les institutions. Une
nouvelle forme de piétisme se développe dans nos lieux de
culte. Il faut canaliser ce mouvement, le modérer, mais non pas
chercher à l'éradiquer. Même s'il est difficile de
dialoguer avec ces groupes, qui ne sont pas armés
théologiquement pour discuter au fond, il ne faut pas les
agresser car cela les poussera à se radicaliser. Peut-être
cette catégorie de jeunes est-elle le signe d'un certain
échec de la communauté à préserver ses
fidèles de ce type de religiosité. Comment faire admettre votre concept de "charia de
minorité", qui défend la possibilité de se
conformer à la loi islamique et aux valeurs
républicaines, à ces nouveaux groupes qui prennent leurs
avis religieux sur Internet ou en Arabie saoudite ? Je pars d'une réalité française laïque, qui
met à l'épreuve toute une tradition, pour offrir aux
musulmans un système normatif leur permettant de vivre leur
islam et leur citoyenneté française. Seuls survivront
spirituellement les musulmans qui savent modérer, adapter, et
négocier leurs pratiques avec la réalité de la
société française. Je n'ai pas d'emprise sur ceux
qui ne veulent pas réfléchir à cela et ont
décidé d'être contre la société,
contre la France et même contre les musulmans qu'ils
considèrent trop "light". Quelle est aujourd'hui votre position sur le port du foulard islamique ? Si je voulais être provocateur, je pourrais dire aux femmes : mets ton foulard dans ta poche. Aujourd'hui, je dis que c'est une recommandation implicite qui
correspond à une éthique de pudeur du moment coranique. Pour autant, une femme qui ne le met pas ne commet pas de faute. Mais, aujourd'hui, la communauté musulmane est fragile, et
s'attache à des adjuvants et à des normes. C'est aberrant
de réduire une femme musulmane à son foulard ; c'est de
l'ignorance. Le foulard n'est pas un objet cultuel, encore moins un
symbole de sacré. En outre, cette visibilité est
néfaste car, à long terme, cette pratique pose des
problèmes spirituels et psychologiques aux femmes qui veulent
étudier ou travailler. Je n'ai pas le droit de tromper ces
jeunes filles. Le problème, c'est que lorsqu'elles
enlèvent le foulard, elles arrêtent aussi de prier. Cela
dit, je crois que chacun est libre de s'habiller comme il veut, de
choisir la lecture de l'islam qui lui convient, même si je ne la
partage pas. Les jeunes musulmans mettent en avant l'islamophobie
dont les pratiquants seraient victimes, ce qui rendrait difficile leur
vie en France. Qu'en pensez-vous ? Le racisme n'est pas une nouveauté, mais l'islamophobie
présentée comme un fléau de notre
société, je ne la vois pas. Je n'accepte pas cette
position victimaire et cette posture de consommation de droits. C'est
vrai que les jeunes de la deuxième génération sont
enclins à quitter la France, pour l'Angleterre ou un pays
musulman. En attendant, certains vivent leur religiosité avec
douleur, à cause du climat médiatique et sociétal
français, dans lequel la visibilité religieuse devient
vite suspecte. Mais je leur dis que le diable est partout ! En outre,
l'islamophobie est parfois développée par des musulmans
eux-mêmes qui, par leur comportement et leur visibilité,
peuvent faire peur à nos concitoyens non musulmans. Propos recueillis par Stéphanie Le Bars (LeMonde.fr ) " Article du /
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