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Nabil Ayad, premier vendeur de nourriture asiatique... halal Cenon, place François-Mitterrand. Il est 8 h
45 et le marché s'éveille doucement. Le policier
municipal emmène avec célérité et dans une
chorégraphie à la Buster Keaton un cortège de
commerçants qui postulent aux derniers emplacements. La file
indienne mouvante serpente, parsemant les chanceux, passe dans
l'allée centrale devant un camion- magasin encore fermé,
entre le pizzaïolo et le torréfacteur. L'inscription
« boulangerie-pâtisserie » aux trois quarts
effacée induit d'abord en erreur. On tape à la petite
porte latérale : Nabil Ayad a le sourire, même très
occupé dans ses préparatifs d'ouverture. « Ma
clientèle, c'est plutôt 9 h 30 - 10 heures », dit-il.
Un enfant de Palmer
La
fourgonnette n'est pas grande, mais tout y est soigneusement
organisé : frigo, four, placards et puis bien sûr le
présentoir. Des nems, des pinces de crabe, du riz cantonais, des
nouilles sautées... Et entre les samossas et les canettes de
boissons, un grand autocollant et l'inscription verte sur fond rouge :
halal. Nabil est le premier commerçant sur
l'agglomération bordelaise à proposer de la nourriture
asiatique fabriquée dans le respect de la religion musulmane.
À
9 heures, Nabil raconte. Sa naissance à Bordeaux et son enfance
à Cenon, cité Palmer, dans une des quatre grandes tours
tombées depuis. Six frères, quatre soeurs et de
l'hyperactivité, du foot jusqu'au base-ball via le
système D.
« Après avoir raté le bac
pro dans un univers scolaire où je n'ai pas trouvé ma
voie, j'ai enchaîné les petits boulots pour donner un coup
de pouce à la maison », poursuit Nabil. « De
l'intérim en usine, les vendanges, la plonge... de bonnes
expériences mais peu de vocations ! » Deux ans
d'emploi-jeune à la mairie de Cenon, création de
l'Association des Jeunes de Cenon Palmer (AJCP) qui deviendra le Bureau
information jeunesse (BIJ) : Nabil se cherche encore mais il sait qu'il
va trouver.
Après quelques mois dans une
société de nettoyage de véhicules à
Carbon-Blanc, il s'associe avec son frère Nourddine en 2005 pour
monter leur propre boîte, Rénov'auto service. L'initiative
est saluée d'un prix régional Talents des cités.
Bon, c'est bien beau tout ça, Nabil, mais il est 9 h 15 et on ne
sait toujours pas comment on arrive devant ces samossas halal...
« L'idée me trottait dans la tête depuis un moment,
en fait... »
L'idée se prénomme Nita, elle
est laotienne et l'amoureuse de Nabil depuis quinze ans. « Avant
que nous soyons ensemble, elle s'était déjà
convertie à l'islam », dit-il. « De tradition
bouddhiste, ses parents ont respecté son choix, et ont
intégré la nourriture halal dans leur cuisine. Je manque
asiatique halal depuis longtemps, moi ! » ( L'intégralité de l'article sur SUDOUEST ) Article du /
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