Ilham Moussaïd pourra se présenter aux élections malgré les plaintes Le juge des
référés a estimé que c'était au
Préfet de trancher. Ce dernier a jusqu'à vendredi midi
pour rendre sa décision...
C'est
rejeté. Le tribunal administratif de Marseille a rejeté
mercredi la requête d'une association qui lui demandait
d'enjoindre au préfet de refuser l'enregistrement
définitif de la liste du NPA pour les régionales en Paca,
où figure une candidate voilée.
La branche française de l'«Arab Women's Solidarity Association» (AWSA) avait déposé lundi un recours en référé,
en arguant que la candidature d'une femme voilée aux
élections portait atteinte aux principes de la République.
Au Préfet de prendre sa décision
Le juge des référés a rejeté cette
demande en soulignant que le préfet de région avait
jusqu'à vendredi 12h pour valider définitivement la liste
en vertu du code électoral. «Le préfet n'ayant pas
encore pris une décision, celui-ci ne peut avoir porté
une atteinte manifestement illégale à une liberté
fondamentale», indique son ordonnance.
La présidente de l'association AWSA France, l'avocate Nadia
Weiler-Strasser du barreau de Sarreguemines (Moselle), a cependant
qualifié de «victoire» cette décision
«qui renvoie le préfet à ses
responsabilités». «On n'est pas
débouté. Si le préfet délivre un
récépissé définitif à la liste,
l'ordonnance nous ouvre la voie à une nouvelle saisie du juge
des référés dès vendredi», a-t-elle
déclaré. La préfecture n'a pas fait de
commentaires. Le NPA a de son côté dénoncé
un «coup de pub qui fait pschitt».
Atteinte aux libertés fondamentales?
Selon l'AWSA France, la présence d'Ilham Moussaïd,
étudiante de 21 ans portant un hijab, sur la liste du Nouveau
parti anticapitaliste (NPA) dans le Vaucluse, portait atteinte à
deux principes fondamentaux de la République:
l'égalité et la liberté de conscience.
L'avocat du NPA, Me Dany Cohen, a quant à lui attaqué
la capacité de l'association à agir, estimant que
«ne peuvent contester des élections que ceux qui sont
électeurs». Sur le fond, il a nié toute atteinte
aux libertés fondamentales. «Où est le lien entre
la personne qui remplit les conditions pour se présenter
à une élection, et le voile qu'elle porte dans la rue
comme d'autres la soutane? Ce n'est pas interdit, elle a le droit de
porter le voile et d'être candidate», a-t-il affirmé.
20Minutes Article du 17/02/2010 / 19:03:30
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