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Islamophobie : Claude Imbert fondateur-éditorialiste de l¨hebdomadaire Le Point dérape, encore !
Claude Imbert est islamophobe et le déclare. Question : cet aveu lui
vaudra-t-il l’absolution de ses confrères ?
Claude Imbert,
islamophobe ? Ce n’est pas une découverte. Il suffit
pour cela d’avoir la patience de lire ses éditoriaux dans Le Point.
Ce qui est nouveau, c’est que dans le débat entre
« bonnet blanc » et « blanc
bonnet » sur LCI (entendez entre Jacques Julliard et
lui-même), le vendredi 24 octobre 2003, Claude Imbert a délaré :
« Il faut être honnête. Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire. ».
Et de revendiquer ce « droit » :
« (...) j’ai le droit, je ne suis pas le
seul dans ce pays à penser que l’islam - je dis bien
l’islam, je ne parle même pas des islamistes - en tant que
religion apporte une débilité d’archaïsmes
divers, apporte une manière de considérer la femme, de
déclasser régulièrement la femme » et « en plus un souci de supplanter la loi des Etats par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe. »
Faut-il transposer ces propos ? Qu’entendrait-on, et
à juste titre, si d’aucun, sous couvert de discuter des
croyances, voire de condamner certains de leurs effets, revendiquait un
droit à la judéophobie ou à la
christianophobie ?
Dans les « Dépêches » du Monde daté du 26 octobre, on pouvait lire celle-ci, page 6 :
« Claude Imbert, fondateur et éditorialiste de l’hebdomadaire Le Point, s’est déclaré "islamophobe", vendredi 24 octobre, sur la chaîne de LCI, estimant que la religion musulmane "apporte une débilité d’archaïsmes divers". Le MRAP a dénoncé ces propos. »
On ne pouvait pas être plus discret et plus sobre.
Le Mrap a dénoncé. Fort bien. Et Le Monde ? Et les confrères de Claude Imbert ? Et les grands excommunicateurs comme Bernard-Henri Lévy (qui pige au Point….) ? Nous attendons avec intérêt.
Quant à LCI, la chaîne doit être fière,
qui annonce sur son site le « débat »
hebdomadaire dont elle s’honore, dans ces termes :
« Cette année encore, les deux grands éditorialistes Claude Imbert (Le Point) et Jacques Julliard (Le Nouvel Observateur) s’entretiennent sur les thèmes importants de l’actualité...
Deux grandes signatures pour une discussion enrichissante. ».
Enrichissante ???
Le virus islamiste ( LePoint 14 janvier 2010 )
S'il
est, malgré ses échecs avérés, une victoire
de l'islam terroriste, c'est d'inspirer toujours une peur
entêtante. Les grands attentats infligés à
l'Occident décroissent et s'oublient. Mais le fondamentalisme
coranique a d'autres cordes à son arc, et non des moindres. Au
Proche-Orient, il infecte le conflit israélo-palestinien ; il
excite l'agressivité de la théocratie iranienne ; il
exporte le brasier afghan au Pakistan et dans toute la Corne de
l'Afrique. Al-Qaeda décline, mais ses filiales
prospèrent.
Sa guerre fait feu de tout bois. Elle plante la
bannière coranique sur des ressentiments nationalistes comme sur
des violences tribales, chez des gueux comme chez des tyrans. Elle
offre un balai divin à toutes les sorcières du sabbat
proche-oriental. Son unique fédérateur, c'est un dogme
simpliste que récusent les autorités théologiques
de l'islam. Sa haine médiévale emprunte mille sentiers
divers mais assiège de partout la même citadelle :
l'Occident et ses démocraties exécrées, leur
organisation libertaire, leur dérive humaine hors de la voie de
Dieu.
Est-ce une guerre de religion ? Oui, car
l'invocation divine inspire prêches, meurtres et martyrs. Non,
parce que l'immense religion d'islam et son milliard de fidèles
ne rallient pas son fanatisme. L'islamisme, en somme, est un virus
à la propagation énigmatique. Le trop faible islam
réformateur n'a pas trouvé son vaccin.
Il aura suffi d'un attentat manqué dans le
ciel américain de Detroit, d'une agression ratée contre
un caricaturiste danois de Mahomet pour rappeler que le virus
oublié chemine toujours.
Obama aura donc mis dans sa poche son rameau
d'olivier et affiché une posture martiale. C'est qu'en
vérité il constate surtout que le conflit taliban
s'enkyste en Afghanistan et s'établit au Pakistan. L'argent du
pavot, la corruption endémique, le nationalisme pachtoun et une
aversion accrue contre l'occupant inspirent, aux Etats-Unis comme
à l'Europe, des pronostics de plus en plus pessimistes. Les
contributeurs de l'Otan (qui représentent pourtant
800 millions d'Occidentaux) ne rêvent que de rapatrier leurs
modiques contingents de soldats, volontaires et professionnels. Leurs
opinions redoutent l'engrenage d'un conflit sans issue. Son extension
au Yémen et en Somalie ne fait qu'étendre le bourbier.
Les experts relèvent aussi qu'en Afrique
les islamistes se font plus agressifs. Ils infiltrent le Sud
algérien salafiste, le géant nigérien où
douze Etats du Nord ont réintroduit la charia, mais aussi la
Mauritanie, le nord du Niger et le nord du Mali. Les agressions
récurrentes des coptes en Egypte et de chrétiens en
Palestine, en Irak, comme les avanies récentes faites aux
chrétiens de Malaisie suggèrent que le virus se
mondialise.
Résumons ! Sur le triple front
proche-oriental, le Pakistan devient le maillon le plus critique du
dispositif occidental. Le conflit israélo-palestinien est, lui,
enlisé. Quant à l'Iran, il figure l'inconnue
déterminante des prochains mois.
L'illusion bushiste de voir, après la
guerre en Irak, la démocratie essaimée dans un grand
Moyen-Orient a fait long feu. Bagdad émerge certes de ses
décombres. Mais, loin de restaurer une laïcité
bassiste et anti-islamiste, l'Irak devient, avec sa majorité
chiite, une carte maîtresse dans le jeu des mollahs, qui s'ajoute
à celle du Hezbollah libanais. Ces atouts croissants de l'Iran,
Washington les a longtemps ménagés dans l'espoir d'une
évolution modérée du régime. Mais le clan
d'Ahmadinejad, secoué par la fronde populaire et
l'hostilité des « modérés », se raidit
et brandit comme jamais sa prétention nucléaire. Celle-ci
impatiente dangereusement Israël et braque tout autant les
pouvoirs sunnites de l'Arabie saoudite et des émirats
pétroliers. Si bien que le conflit qui s'exacerbe entre chiites
et sunnites, s'il divise l'islam et ses franges missionnaires, entrave
aussi la manoeuvre occidentale, empêtrée dans un
écheveau de cordons explosifs.
L'Occident reste, en fait, profondément
désorienté par une adversité où la
distinction de l'état de guerre et de l'état de paix
n'est plus pertinente. Cette adversité insaisissable a
déjà dévalué le processus de paix entre
Israël et la Palestine. On voit s'établir en Europe, et
dans le pacifisme affiché d'Obama, une culture de
résignation ou d'accommodement vis-à-vis d'un terrorisme
islamiste que l'on présente à tort comme dicté par
le désespoir ou la misère. Le logiciel occidental reste
aveugle sur une mystique qui chavire des illettrés du
Yémen ou des ingénieurs de Stanford. La vaine tentation
gagne quelques Etats d'obtenir par complaisance la sanctuarisation de
leur territoire : tel fut le cas du « Londonistan »
britannique avant que Londres, à son tour agressée, ne se
découvre flouée. Au total, la rumination de la mauvaise
conscience occidentale affaiblit les résolutions
nécessaires. « N'est-il pas honteux, demandait Voltaire,
que le fanatisme ait tant de zèle et que notre sagesse n'en ait
point ? »
Claude Imbert (article paru dans le Point du 14 janvier 2010) Article du 15/01/2010 / 20:40:03
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