L'absence de lieux de culte et de carrés musulmans
Dans un entretien à La Provence, Mohammed
Moussaoui le nouveau président du Conseil français du
culte musulman évoque l'absence de lieux de culte et de
carrés musulmans dans les cimetières communaux.
"Pour l'Islam, les choses avancent, certes, mais toujours un peu moins vite que pour les autres" analyse ce professeur de mathématiques à l'Université d'Avignon.
Le représentant du culte musulman parle du manque de lieux de culte et... de laïcité
Main
dans la main sur des dossiers d'actualité: Jacques Simonnet,
Mohammed Moussaoui président du CFCM, avec ici à droite
le délégué départemental, Abdelkader
Moussaoui.
Il passait par là, pour donner une
conférence au collège Van-Gogh. Poli et polissé,
l'homme est allé faire ses civilités au
sous-préfet. Qui en a fait de même. Il y a comme du
courant alternatif entre le représentant de l'État et
Mohammed Moussaoui, président depuis peu du Conseil
français du culte musulman. Les dossiers communs ont lié
les destins: le recours à plus de législation lors des
abattages rituels, le manque de lieux de culte ou de carrés
d'inhumations.
En formules joliment troussées, Jacques
Simonnet bien campé sur les principes de la laïcité,
évoque pourtant la nécessaire place que doit trouver "la seconde religion de France".
La concertation entre l'association et la sous-préfecture porte
ses fruits sur les abattages rituels. Les mots sont pesés. "Il a fallu arriver à un équilibre entre la tradition de la religion et le respect des normes sanitaires".
"Un
citoyen qui ne peut être enterré là où il a
passé sa vie ne peut être un vrai citoyen, le sentiment
d'exclusion vient de ce genre de choses."
Professeur de mathématiques à l'Univesité d'Avignon, Mohammed Moussaoui résume l'équation: "Les instances religieuses sont conscientes qu'il faut se donner les moyens de respecter les règles".
Sur les 53 sites officiels d'abattage français, 24 sont
désormais dans le département et évitent les
séances folkloriques qui nourrissent les ostracismes que l'on
sait. Les choses avancent, "même si elles avancent peut-être plus doucement pour notre religion".
Moussaoui se lâche avec discrétion en évoquant le manque de lieux de prières. "Les élus doivent faire de la pédagogie, constate le sous-préfet: Les lieux de culte, ce n'est pas une atteinte au principe de la République". Mohammed Moussaoui abonde. "Si on arrive à faire de l'Islam une religion comme une autre,
avec ses droits et ses devoirs, on aura donné un sens à
la laïcité".
Le président du CFCM attend aussi des signes forts comme la possibilité accrue d'une inhumation en France. "Un
citoyen qui ne peut être enterré là où il a
passé sa vie ne peut pas être un vrai citoyen et je crois
que le sentiment d'exclusion chez les jeunes peut venir de ce genre de
choses. C'est symbolique, donc c'est très fort".