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Tariq Ramadan à Bourges Bourges. A la Chancellerie, Tariq Ramadan a
réfuté les accusations portées contre lui et
exhorté les musulmans français à prendre leur
destin en main.
Et tout à coup, Tariq Ramadan s'est énervé.
Marre de s'entendre dire qu'il est proche des Frères musulmans,
cette organisation fondée en 1928 sur le sol égyptien,
dans le but d'instaurer un grand Etat islamique fondé sur la
charia. « Non, je n'en suis pas, a-t-il dit, même
si c'est mon grand-père Hassan El-Benna qui en est le fondateur.
Il a été assassiné en 1949 par les agents du
gouvernement égyptien alors qu'il n'était pas un
terroriste. Ma pensée est autonome. A la suite des accusations
portées contre moi, la Ville de Rotterdam, où j'occupe la
chaire “ citoyenneté et identité ” m'a
suspendu puis m'a rétabli, après avoir relu tous mes
écrits. » “ L'Europe a besoin de millions d'immigrés ” L'enseignant
d'islamologie à l'Université d'Oxford, citoyen suisse
d'origine égyptienne, venait ainsi de conclure, samedi, une
conférence sur l'Islam, à la salle des fêtes de la
Chancellerie, pleine à craquer. Pourquoi avoir invité un orateur si controversé ? « Parce qu'il trace un bon équilibre entre la religion et les lois de la République », nous a expliqué Rachid Azouigui, président de
l'association Esprit libre qui œuvre depuis un an sur Bourges,
à un dialogue social et interreligieux. De fait, Tariq Ramadan
n'a, à aucun moment, tenu des propos qui feraient penser qu'il
est fondamentaliste. En 2004, les Etats-Unis lui ont refusé un
visa de travail sur le simple soupçon d'activité
terroriste. A Bourges, il a été on ne peut plus clair : «
Je condamne sans discussion les auteurs des attentats de New York. Ceux
qui mettent des bombes au nom de l'Islam sont des antimusulmans ». Autrement,
Tariq Ramadan a surtout plaidé pour que les musulmans vivant en
Occident ne se considèrent plus comme des étrangers mais
comme des citoyens à part entière. Il s'en est pris aux
politiques qui gagnent des voix sur la peur. « Sarkozy, a-t-il lâché, est
d'une intelligence politique rare. Il a normalisé les propos
d'extrême-droite dans ses discours. Or, on sait que l'Europe ne
survivra qu'en accueillant de 11 à 25 millions
d'immigrés. » On attendait la réaction du volubile orateur sur la main tendue d'Obama aux musulmans. «
J'ai bien aimé quand il a dit que les Etats-Unis sont le plus
grand pays musulman du monde, mais je ne peux pas justifier le fait
d'aller tuer des civils en Afghanistan. » Aux musulmans de Bourges, il a lancé : « Connaissez bien le français, ajoutez-y l'arabe, le turc, et vous êtes libres ».
Alexis Boddaert nr.bourges@nrco.fr Article du /
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