Des pays musulmans ont déposé devant le Conseil des
droits de l'homme de l'ONU un projet de résolution visant
à « lutter contre la diffamation des religions », un concept pourtant fermement rejeté par les pays occidentaux.
Présenté mercredi 11 mars par le Pakistan, au nom de
l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), le texte
considère que la diffamation des religions constitue « un grave affront à la dignité humaine », de nature à entraîner notamment « une incitation à la haine religieuse et à la violence ».
Le projet de résolution présenté dans le cadre de
la 10ème session du Conseil des droits de l'homme met notamment
en garde contre « les graves implications de l'islamophobie fréquemment et à tort associé à des violations des droits de l'homme et au terrorisme ».
Il dénonce notamment l' « intensification d'une campagne générale de diffamation » incluant le « contrôle sélectif sur une base ethnique ou religieuse des minorités musulmanes » après les attentats du 11 septembre 2001.
Il exprime également son « inquiétude » au sujet de la diffusion d' « images négatives de certaines religions dans les médias », allusion à l'affaire des caricatures de Mahomet parues en 2005 dans la presse danoise et des Pays-Bas.
Le texte, qui stipule que « toutes les religions (constituent) une contribution précieuse à la civilisation moderne »,
doit être discuté par les 47 membres du Conseil en vue
d'une éventuelle adoption lors des deux derniers jours de la
session, les 26 et 27 mars.
Mais de l'avis de certains
observateurs, il pourrait être retiré par ses promoteurs
si aucun consensus minimum ne se dégage sur un thème qui
suscite déjà depuis des mois des débats
très polarisés au sein de l'ONU.
Dans le cadre de la préparation
de la Conférence de "Durban II" contre le racisme, qui doit
avoir lieu fin avril à Genève, les pays occidentaux ont
opposé leur refus catégorique à l'introduction du
concept de "diffamation des religions", que les pays de l'OCI
aimeraient voir figurer dans le document final.
Plusieurs pays européens ont
même menacé de se retirer du processus si les pays de
l'OCI ne faisaient pas machine arrière. » et s'inquiète que l'Islam soit «