La liberté de culte est désormais limitée en prison Encadrer les
pratiques religieuses des détenus n'est pas contraire au Code de
procédure pénale ni attentatoire à la
liberté de croyance inscrite dans la Constitution. Ainsi a
tranché la cour administrative d'appel de Bordeaux dans un
arrêt rendu en septembre.
La
juridiction avait été saisie par un prisonnier de
confession musulmane incarcéré à la maison
centrale de Saint-Maur, dans l'Indre. Faruk M. demandait l'annulation
d'une décision prise par le chef d'établissement
interdisant « toute manifestation individuelle ou collective
à caractère religieux en dehors du lieu de culte ou de la
cellule ». Le tribunal administratif de Limoges ayant
rejeté sa requête, le plaignant avait fait appel.
« Pratiques ostentatoires »
La
centrale de Saint-Maur peut accueillir 260 prisonniers, avec un fort
pourcentage de détenus particulièrement surveillés
et de condamnés à perpétuité.
Comme
dans toutes les prisons, une salle est réservée à
la pratique des cultes, selon des modalités fixées par la
direction. Mais, à Saint-Maur, des musulmans avaient pris
l'habitude de célébrer la prière dans la cour de
promenade, en dehors des heures autorisées et sans l'imam
agréé.
L'administration avait laissé faire,
jusqu'au jour où, par crainte de se laisser déborder,
elle avait mis le holà.
Dans son arrêt, la cour
administrative d'appel de Bordeaux évoque les tensions qui
agitaient la centrale. Il est question de « pratiques
ostentatoires du culte musulman », d'« actes de
prosélytisme de nature à provoquer des désordres
».
Démission des aumôniers
Bref,
la décision de la direction « était
nécessaire au maintien du bon ordre dans l'établissement
pénitentiaire et à la garantie de la liberté
d'opinion de chaque détenu, ainsi que des principes de
neutralité et de laïcité du service public ».
D'autant, ajoutent les magistrats bordelais, que n'est «
nullement remise en cause la pratique religieuse individuelle dans les
cellules, ou collective dans la salle affectée à cet
usage », « alors même que les aumôniers
successivement agréés ont démissionné en
raison de leurs mauvaises relations avec certains détenus
».
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